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RE : sf vs fantasy?
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18/06/2005 à 13h38
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Parce que la fantasy, qui n'a rien à voir avec la SF sinon le fait que les deux genres ont souvent partagé les mêmes supports, ne s'adresse pas aux mêmes parties du cerveau que la SF. Et aussi que la plupart des univers de fantasy, ne cherchant pas à suspendre l'incrédulité du lecteur, apparaissent arbitraires — l'exemple le plus connu étant Le seigneur des anneaux. Et enfin parce que les intrigues des romans de fantasy n'ont en général pas grand intérêt. La lutte du bien contre le mal et les intrigues de cour, ça va un moment.
Naturellement, il existe quelques textes de fantasy qui dépassent et transcendent ces caractéristiques, mais, curieusement, les plus intéressants se rapprochent tant de la SF qu'ils finissent par tomber dedans (comme Le livre de cendre de Mary Gentle ou les premiers romans de Catherine Dufour), à moins qu'ils n'emploient une construction d'univers (pseudo-)rationnelle typique de la SF (Les flammes de la nuit de Michel Pagel, Haute-école de Sylvie Denis).
Tout ce qui précède ne constitue pas une "mauvaise opinion" de la fantasy, mais une analyse des raisons pour lesquelles je n'en lis pas. Même si je ne suis pas tout à fait un amateur de SF typique (quoique j'ai dû l'être à un moment ou à un autre), j'ai la faiblesse de penser que je partage ces raisons avec d'autres personnes.
Une petite anecdote pour conclure, qui montre à quel point il est stupide d'essayer de vendre quelque chose pour ce qu'il n'est pas. Dans les années 70, après avoir lu beaucoup de bien du Seigneur des anneaux dans les supports SF, je l'ai pris à la bibliothèque, pensant m'attaquer à un chef-d'œuvre qui allait me transporter.
Raté. Il n'y avait rien là-dedans qui correspondait à ce que je recherchais. Pas de vaisseaux spatiaux, pas d'extraterrestres, par de technologie, pas de mutants... La magie n'y était pas rationalisée, la structure de l'univers n'était pas décrite, les justifications à la situation de départ relevaient du conte, du mythe, mais certainement pas de l'histoire, etc.
J'avais 13 ou 14 ans à l'époque et je me suis senti arnaqué, floué. On m'avait menti. On s'était fichu de moi. Le simple fait d'évoquer ce bouquin dans des revues ou fanzines SF sans préciser que ce n'était pas de la SF relevait à mes yeux de l'escroquerie intellectuelle. Parce qu'on me l'avait "vendu" alors qu'il n'était pas pour moi.
Je suppose qu'un sentiment analogue doit envahir certains amateurs de SF quand ils voient "leur" rayon en librairie envahi par des livres où il n'est pas question de science, de technologie, de technosciences, etc. Ou quand ils lisent certaine rubrique SF d'un grand quotidien qui mériterait d'être rebaptisée fantasy, histoire de faire de la place pour une vraie rubrique SF. Ou quand d'aucuns annoncent la "mort" de la SF, que la fantasy va bien évidemment remplacer.
(Ce discours revient périodiquement : je me souviens d'une interview de Brussolo où ce brave homme, sans rire, expliquait non sans haine que la SF — qu'il a toujours détestée — était morte et que ses lecteurs migraient en masse vers le fantastique et l'horreur modernes — un fait invérifiable, évidemment. Vingt ans plus tard, force est de constater que la place du fantastique en France est en gros la même depuis un demi-siècle, alors que l'horreur moderne a quasiment disparu. La SF, elle, est toujours là, indéboulonnable.)
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 « Fuck the mundanes of Mainstream, the elitists of Literature. We’re Genre and proud of it. » (Hal Duncan)
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RE : sf vs fantasy?
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18/06/2005 à 17h28
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| | | | | | Philippe Curval, très en verve :
Mais, pour préciser mes intentions, je supporte mal qu’on mêle d’une manière ambiguë la S. F. à la Fantasy dans les quatrièmes pages de couvertures et les critiques mi figue mi raisin qui accompagnent ces ouvrages. Si c’est de la Fantasy et que les lecteurs y prennent plaisir, je n’y vois aucun inconvénient. Mais qu’on cherche à leur faire croire qu’ils lisent “aussi” de la science-fiction, cela m’exaspère. Sauf si les dragons pètent des dragées nucléaires ou les sorcières volent sur des aspirateurs à propulsion ionique. L’invention récente de “littérature de l’imaginaire” où le torchons se confondent avec les serviettes en est responsable. Toute fiction est imaginaire, même si elle contient une part d’autobiographie ou qu’elle raconte les démêlés sentimentaux de personnages empruntés à la vie courante. Ce qu’apporte la S.F., même mezzo voce comme dans les romans de Houellebecq, c’est le sentiment que nous ne vivrons plus demain comme hier. Sans conjecture ni spéculation, cet effet ne peut se produire, que le roman soit bon ou mauvais. Voilà pour les parasites et les épigones. |
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 "Un monde nouveau va naître, un monde dans lequel il n'aura pas sa place. Il est trop clairvoyant pour lutter contre lui ; mais il ne feindra pas de l'aimer." George Orwell
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